Notre organisation dans l’Instruction en famille


Sur notre chemin du « Ownschooling »

Notre chemin qui nous a mené à l’Instruction en Famille n’était jamais bien droit et il ne l’est toujours pas. C’est un chemin parsemé d’influences diverses, de philosophies différentes et méthodes variées qui nous ont inspirés et touchés. Nous pratiquons ce que j’appelle du « Ownschooling » – un joyeux mélange d’apprentissages informels et formels.

Face aux multiples influences de tous les côtés, j’ai appris au fil des mois à nous écouter : écouter nos rythmes, écouter nos personnalités, nos fonctionnements internes, nos mécanismes d’apprentissage, écouter nos goûts et passions, nos convictions et philosophies, mais aussi nos peurs, nos exigences. J’ai aussi appris à lâcher prise – lâcher prise sur mes attentes vis à vis des enfants, lâcher prise sur l’attente vis à vis de moi même.

Je suis une très grande passionnée des apprentissages autonomes. Le livre « Libre pour apprendre » et les idées de Peter Gray, psychologue et chercheur au Boston College, ont beaucoup influencé ma vision des apprentissages. Mais nous ne pratiquons pas le « Unschooling »radical. Mia et Louise apprennent dans un cadre qui laisse beaucoup de liberté. Un cadre qui est quand-même structuré, mais à l’intérieur de ce cadre il y a beaucoup de possibilités et Mia et Louise gardent le contrôle sur leur propre apprentissage, leur propre vie, essentiel pour leur épanouissement ET l’efficacité des apprentissages.

Concrètement, comment s’organisent ces apprentissages ?

Lara, une ancienne institutrice de l’Education nationale m’a donné un jour cette image que je trouve très parlante:

“Le principe est un peu comme la différence entre une cantine et une cafétéria. Dans la première vous devez manger ce qu’on vous sert, au moment où on vous sert et tout ce qu’on vous sert. Dans la seconde vous choisissez parmi un menu étalé sur plusieurs semaines, vous voyez ce que vous avez à goûter sur cette période et vous composez votre menu, la quantité que vous pouvez ingérer et avec qui vous souhaitez déjeuner… Au final il y a très peu de “restes et le temps de déjeuner est beaucoup plus court car optimisé. Du coup vous avez le temps de faire autres choses une fois le déjeuner terminé.”

Au fil des mois nous avons trouvé la « méthode » qui marche le mieux pour nous: les Workboxes

Mia et Louise ont chacune une tour avec des tiroirs dans lesquelles elles piochent le matériel pour leurs études – un tiroir pour les mathématiques, un pour le français (grammaire et orthographe), un pour l’anglais et un autre pour l’atelier d’écriture. Au début je remplissais ces tiroirs pour une période de 6 semaines, entre chaque vacances. J’ai rapidement réalisé que cette période était trop large pour elles, elles étaient perdues. Aujourd’hui nous choisissons tous les dimanches ou lundis matins le contenu des tiroirs ensemble. L’idée est d’avoir pour chaque jour environ 4 activités. Cela peut être un jeu de conjugaison, une activité d’inspiration Montessori, une leçon de grammaire, quelques pages d’un manuel, un chapitre d’une application pour l’anglais, une phrase inspirante qui donne envie d’écrire une histoire, une dictée préparée, des mots croisés, des planches de BD,… tout ce qui croise mon chemin pendant mes recherches de ressources (Merci Pinterest et les blogs des familles IEF 😉 )  et que je trouve adapté aux types d’apprentissage des enfants. Je garde toujours un œil sur le socle commun des connaissances et compétences et en fonction de ça, je fais une présélection des activités avant des les présenter aux enfants.

Nous démarrons la matinée en général par un petit jeu que chacun de nous peut choisir à tour de rôle ou par une lecture partagée. Puis les enfants font leur choix dans les Workboxes pour quatre activités (ou plus) pour la matinée. L’objectif est de vider les tiroirs dans la semaine. C’est un fonctionnement qui nous convient très bien. Il nous laisse beaucoup de liberté de choisir quand et sur quoi nous travaillons mais qui assure le cadre nécessaire à l’acquisition du socle commun. Les enfants sont en général très motivées pour choisir leurs études de la journée car elles gardent le contrôle sur celles-ci.

C’est dans l’après-midi qu’ont lieu nos apprentissages informels. Il n’y a aucune contrainte d’horaires ou de matière mais nous avons établi dernièrement une petite trame, un pense bête pour toutes les activités qu’on voudrait faire dans nos après-midis. Auparavant c’était complètement freestyle et nous sortions dans les bois, faisions de la musique, des expériences scientifiques ou des lectures quand nous avions envie. Nous avons du coup parfois regretté de ne pas avoir plus de régularité car nous oubliions de faire du piano et étions uniquement absorbées par le jeu ou l’activité du jour. Nous avons donc écrit un emploi du temps qui nous rappelle tout ce que nous aimerions faire encore dans la semaine, sans pour autant nous mettre des contraintes rigides. L’adaptation aux passions et initiatives du moment reste toujours le maître mot.

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 commentaires

  • Isa LISE
    15 janvier 2018 at 9 h 40 min

    Merci pour ce témoignage 🙂 Un peu troublant car nos filles ont des prénoms proches et nous avons également testé il y a quelques années (sensiblement au même âge) la même approche ! J’ai relayé sur Faire l’école à la maison. Bonne journée !

  • Jraph
    15 janvier 2018 at 10 h 51 min

    Merci pour ce témoignage! Cela donne des idées.

  • Zoe
    24 février 2018 at 9 h 45 min

    Bonjour, j’envisage l’ief pour mes enfants et j’aime votre approche mixant formel et informel avec des jeux. Pourriez vous partager les livres que vous utilisez et vos sources pour trouver les activités ? Merck

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